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POUR UNE DÉMOCRATIE CONTRIBUTIVE

Ouvrir des Tiers-Lieux comme nouvelles zones du politique
Jean-Pierre Chrétien-Goni




Nous vivons de plus en plus urgemment la nécessité de réinventer des formes de démocratie “effectivemment réelle”, sous peine de voir se répandre dans la société, tout un ensemble de mécanismes de “désaffiliation” (R. Castel), de défiance vis à vis du politique et de la démocratie représentative. Nos contemporains vont s'abstenir de plus en plus de la vie publique,recréant ici ou là des “contre-mondes” nous séparant progressivement les uns des autres au profit de communautés d'existence parfois archaïques, parfois toxiques, parfois résistantes, souvent insignifiantes. Nous ne disposons plus de l'imagination collective indispensable pour nous opposer à cet ensemble de configurations socio-politiques qui organise progressivement la séparation au sein du corps social. L'objet du travail présenté ici consiste précisément à décrire l'ouverture de nouvelles zones du politique, pour le dire de la manière la moins déterminée possible. Une des premières formes de zone expérimentale trouve une première expression dans la notion de Tiers-Lieu.Parce qu'il nous faut aujourd'hui tenter d'inventer des lieux nouveaux, des zones réelles, virtuelles, physiques ou numériques, éphémères, provisoirement installées, transitoires,…comme on voudra les dénommer. Un Tiers-Lieu est donc un lieu (réel ou virtuel, etc…) de parole partagée et de “création citoyenne”. Il s'agit d'y ouvrir la possibilité du débat, de la parole, l’impulser grâce à des protocoles imaginatifs de prise de parole, certes mais aussi par la production simultanée d'objets artistiques.La mobilisation des pratiques artistiques est décisive dans toutes les tentatives décrites ici afin de générer de l'imaginaire, de réveiller des compétences imaginaires sans lesquels nous reproduisons indéfiniment les mêmes gestes, les mêmes organisations, les mêmes manières de faire et de penser. Jamais autant qu'aujourd'hui, cette question des imaginaires dans la politique n'a été aussi incontournable. “On ne changera pas le monde si on ne transforme pas les imaginaires”, soutient Edouard Glissant. Toutes les idéologies pragmatistes martèlent que le monde ne peut pas être autrement qu'il n'est; autrement dit,elles nient toute possibilité réellement politique. On peut considérer que c'est là l'un des rôles majeurs du travail de l'art que d'exercer nos consciences et nos sensibilités à imaginer des mondes possibles différents, des langages nouveaux, à déployer nos humanités.Il nous engage à désirer des horizons invisibles à nos regards saturés d'horizons qui sont tracés par d'autres et qui nous échappent indéfiniment.

Un Tiers-Lieu, au sens entendu ici, germe à l’écart de l’institué bien qu’il pose pourtant son action en plein milieu du monde, dans son mouvement de traversée d’une rive à l’autre; il travaille, résiste, avance, par l’invention des mots et des gestes et des sons et des images, en nouant l’épars, en tissant la rencontre entre nous tous. En faisant culture et bien commun.

Cet espace numérique auquel vous accédez est dédié à accueillir toutes les ressources nécessaires à l'élaboration coopérative d’ateliers menés sur la question de l'expérience démocratique.

Pour que cette démocratie ne devienne pas l'illusion d'un paradis, une utopie toujours repoussée à des horizons indéfinis. Ou simplement satisfaite de compter les voix par intermittence, ou de se qualifier de participative, quand, de “parts”, il y en peu à laisser aux peuples. Oui, certes, et il va là du fondement de ce qui nous agite ici : on ne nous a rien demandé, personne ne nous a posé de question du haut des marches des pouvoirs, mais nous allons tout de même tenter de trouver à dire. Juste à dire. Imaginer des formes. Parler ensemble. Créer en partage. Simplement dans l'espace public, c'est à dire dans notre commun.

Ce commun, rassemblé ici, ce sont des performances poético-politiques (LES ARCHIPARLEMENTS ; DEMOS), des parlements éphémères (LES ARCHIPARLEMENTS), des laboratoires de société, des veilles collectives (LES BIENVEILLEURS), des zones coopératives, des zones libres…

Paris Juin 2012


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